« La surcharge du Groupe Lufthansa sur les paiements par carte de crédit est inacceptable »

« La surcharge du Groupe Lufthansa sur les paiements par carte de crédit est inacceptable »

La BATM s’attaque aux surcoûts imposés par le groupe Lufthansa aux voyageurs d'affaires et aux entreprises

Lundi 14 mai 2018 — Après que l'Europe a ajusté les plafonds de la commission d’interchange à 0,3 % pour les transactions par carte de crédit individuelle, de nombreuses compagnies aériennes ont ajusté leurs frais sur les billets d'avion réglés par carte. Le groupe Lufthansa a suivi le mouvement, mais uniquement pour les particuliers. Les voyageurs d'affaires paient toujours un supplément de 1,65 % par billet, quel que soit le nombre de billets ou la fréquence d’achat. Le groupe gagne ainsi des millions sur le dos des entreprises belges. « Inacceptable », déclare le président de l'Association belge du Corporate Travel Management (BATM), Pascal Struyve.

L’application par les compagnies aériennes de frais supplémentaires sur les paiements par carte de crédit a été très critiquée dès le départ. Pendant des années, de nombreuses compagnies low-cost ont fait de la publicité trompeuse grâce à ce tour de passe-passe. Le voyageur semblait pouvoir prendre l'avion presque gratuitement, jusqu'à ce qu’apparaisse le supplément pour paiement par carte de crédit. Un supplément de 25 euros par billet était ainsi courant. L'Europe a limité cette pratique avec l'introduction de la nouvelle commission d'interchange : au lieu de pouvoir facturer 2 % par billet, un « plafond » de 0,3 % sur les transactions par carte de crédit est devenu la norme.

La plupart des compagnies aériennes ont alors ajusté leurs frais de carte de crédit. Toutefois, les compagnies aériennes du Groupe Lufthansa n’ont procédé à cet ajustement que pour les particuliers. Les voyageurs d'affaires, et par conséquent les entreprises pour lesquelles ils travaillent, doivent toujours supporter un coût de transaction excessif. Il faut savoir que la commission d’interchange ne protège que le consommateur, et non les entreprises.

Le Groupe Lufthansa met les Travel Managers au pied du mur

« Il est inacceptable que le Groupe Lufthansa continue à facturer les paiements par carte de crédit aux entreprises », déclare Pascal Struyve, président de la BATM, l'Association belge du Corporate Travel Management. « Alors que d'autres groupes et compagnies ont réduit les coûts pour tous les voyageurs, le Groupe Lufthansa pénalise les voyageurs qu’il devrait justement fidéliser. Il est incompréhensible que le particulier qui se rend une fois par an à Tenerife avec Brussels Airlines ne paie pas de frais supplémentaires, alors que le voyageur d'affaires qui se rend à Francfort toutes les deux semaines doive payer 1,65 % en plus du prix de son billet. »

Par ailleurs, le surcoût pour les paiements par carte de crédit n’entre pas dans le cadre des négociations entre les compagnies aériennes et les Travel Managers ou les entreprises. « Le Groupe Lufthansa tire avantage de sa position prééminente à Bruxelles. Le Groupe représente une grande partie des vols au départ de Brussels Airport. Une entreprise ne peut tout simplement pas les contourner. Les Travel Managers sont mis au pied du mur. »

Le modèle de distribution traditionnel est sous pression

Les voyages d'affaires représentent une part importante du chiffre d'affaires de nombreuses compagnies aériennes. Depuis peu, cependant, le modèle de distribution traditionnel des compagnies aériennes est sous pression, si bien qu’elles cherchent à réduire le coût de la distribution et à répercuter certains coûts sur les voyageurs (d'affaires). Par exemple, des acteurs comme le Groupe Lufthansa offrent certains billets et prix uniquement par l'intermédiaire de leurs canaux de réservation directs. Ils essaient ainsi d’avoir une relation directe avec les clients, ce qui se traduit par plus d’informations et plus de possibilités de personnalisation.

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À propos de BATM

BATM est l'Association belge du Corporate Travel Management. 

Pascal Struyve