Aucune politique de prévention contre le stress et le burn-out dans la moitié des entreprises belges

Aucune politique de prévention contre le stress et le burn-out dans la moitié des entreprises belges

Enquête Wolters Kluwer : malgré l'obligation légale et des niveaux de stress élevé, les entreprises ne s'attaquent pas encore suffisamment aux risques psychosociaux

Jeudi 31 mai 2018 — Malines D'après une étude de Wolters Kluwer Legal & Regulatory, la majorité des entreprises belges enregistrent un niveau de stress général élevé. Pourtant, moins de la moitié d'entre elles (43 %) disposent actuellement d'une politique de prévention contre les risques psychosociaux au travail. Elles sont même 20 % à ne pas se pencher du tout sur la question. Les entreprises belges ont pourtant l'obligation, depuis 2014, d'avoir une politique de prévention dans ce domaine. Le professionnel HSE, qui joue généralement un rôle moteur dans l'élaboration de cette politique, est lui-même soumis à un niveau de stress élevé, notamment en raison de l'augmentation constante des tâches qui lui sont confiées. 

Chaque année, Wolters Kluwer Legal & Regulatory analyse les tendances dans le domaine de la santé, de la sécurité et de l'environnement (SSE)). L'enquête a été réalisée par le bureau d'étude indépendant Verdantix en novembre 2017. Près de 1300 personnes ont été interrogées, dont des travailleurs, des professionnels HSE (conseillers en prévention, coordinateurs environnementaux, etc.) et des managers d'entreprises de différentes tailles issues de différents secteurs.

Un niveau de stress élevé et un risque important de burn-out

Les chiffres relatifs au burn-out dans notre pays sont alarmants : près d'un collaborateur sur dix souffre d'un burn-out1 et la moitié des Flamands s'attendent à y être confrontés un jour2. Parmi les plus de 400 000 travailleurs qui ont été absents pour une longue durée en 2017, plus d'un sur trois souffrait d'un trouble psychosocial3. Le stress lié au travail joue un rôle majeur à cet égard. 

L'enquête HSE TrendCatcher s'est donc intéressée, entre autres, au niveau de stress général des travailleurs belges. Il en ressort que deux tiers d'entre eux trouvent le niveau de stress général élevé ; 16 % le décrivent même comme étant très élevé. Élément frappant : seuls 2 % des managers partagent cette opinion.

Un plan de prévention psychosocial absent malgré une obligation légale

D'après l'enquête, malgré le niveau de stress élevé et les chiffres alarmants du burn-out, seuls 43 % des entreprises disposent d'un plan de prévention psychosocial, tandis que 34 % indiquent qu'il est actuellement en cours d'élaboration. Ces chiffres sont confirmés par les autorités : depuis l'introduction de la loi du 28 février 2014, des inspecteurs sont envoyés sur le terrain afin d'évaluer les mesures de prévention que les entreprises prennent dans ce domaine. Une infraction est constatée lors d'un contrôle officiel sur deux.  

Le secteur de l'industrie et de la construction est le meilleur élève : environ la moitié des entreprises ont mis en place un plan de prévention. Le secteur du transport, lui, est à la traîne : seuls 31 % des entreprises disposent d'un plan de prévention contre le stress et le burn-out. Plus une entreprise compte de travailleurs, plus elle est susceptible d'avoir un plan de prévention : 54 % des entreprises de plus de 500 travailleurs en ont un. À titre de comparaison, ce chiffre baisse à 27 % dans les entreprises de moins de 50 travailleurs.

« Ces derniers temps, les absences de longue durée et le burn-out font l'objet d'une grande attention. L'accent est surtout mis sur la réintégration, donc sur l'après. Il est cependant nécessaire de jouer constamment la carte de la prévention. La sensibilisation est indispensable, surtout parmi la direction des entreprises belges. D'après notre enquête, la perception que les responsables ont du stress est très différente de celle des travailleurs. Pourtant, c'est justement au niveau de la direction qu'il faut prendre conscience de la nécessité d'une politique de prévention digne de ce nom, car c'est là que les décisions se prennent », explique Veerle Van Roij, Segment Manager HSE chez Wolters Kluwer Legal & Regulatory.

Plus de pression pour le professionnel HSE

Le professionnel HSE est souvent, avec les ressources humaines, la force motrice de la mise en œuvre et du suivi d'une politique de prévention des risques psychosociaux : 66 % des professionnels HSE disent subir eux-mêmes un niveau de stress élevé à très élevé. En plus des tâches HSE, des responsabilités supplémentaires leur sont souvent confiées : 27 % d'entre eux doivent s'acquitter de tâches liées à la sécurité en plus de celles relatives à la protection. La qualité (24 %) et les installations (13 %) font aussi régulièrement partie des missions du professionnel HSE.

Les résultats complets du HSE TrendCatcher seront présentés le 31 mai lors du HSE World Event de Wolters Kluwer. Ils sont disponibles sur demande.

(1) enquête Securex

(2) enquête KU Leuven, VUB, Ugent et Odisee

(3)  INAMI

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À propos de Wolters Kluwer

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